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Lettre hebdo 02 : S&P's un acteur toujours aussi surprenant...

le 16/01/2012 12:27

A suivre sur : http://bmethinvest.blogspot.com/

L’économie mondiale fin 2011…
Depuis le début de l’année les raisons étaient nombreuses de voir le verre à moitié plein.

En effet, sur le front macro économique, l’année 2011 finissait sur des notes plutôt optimistes :
- L’Asie affichait une insolente croissance économique. Plus particulièrement, la Chine a connu une croissance pour 2011 de 9.2%, après 10.4% en 2010 et une estimation pour 2012 de 8.9% (supérieure au 7% nécessaire pour éviter toute tension sociale). La crise de la dette en europe a beaucoup pesé sur les économies d’Asie, fortement exportatrices, bien plus que pendant la crise financière de 2008/09. Ainsi, certains analystes mettent en garde sur l’impact qui pourrait s’aggraver en 2012, si la zone euro tombait en récession. D’autant plus que la Chine et l’Inde ont montré des signes de faiblesses au T3 sur le front des exportations, de la demande interne et sur la production. La principale force de l’Asie est financière. Ses banques sont solides et se classent parmi les 10 plus grandes banques du monde (ICBC, CCB et BofC). La Chine détient 3 200 Mds d’USD de réserve de change fin septembre. Le problème est que le pays repose sur le crédit qui devient un sujet préoccupant, avec un risque de bulle. Quant à l’Inde, un attérissage douloureux de l’économie pourrait résulter des hausses successives du taux de la banque centrale indienne. La solution, selon la Banque Asiatique de Développement, est de favoriser le commerce intra-régional et une intégration financière renforcée. C’est pourquoi, la Chine, confronter aux incertitudes sur la demande mondiale, prépare de nouvelles mesures de relance à la consommation interne, notamment en augmentant le salaire minimum de 13.6% en février prochain. Cette capacité à mener une politique contra-cyclique, fait de la région un vecteur de performance pour les portefeuilles.
- Les Etats-Unis, quant à eux, continuent d’accumuler les preuves que la croissance est sur une pente ascendante. La croissance au T3 avait fortement déçu avec 1.8% en rythme annuel, mais celle du T4 devrait, selon le consensus des économistes, dépasser les 3% (annoncée le 27janvier prochain). Parmis les bénéficiaires de cette amélioration, l’emploi et l’immobilier. Le département du travail fait état de 375K demande hebdomadaire, ce qui n’était pas arrivé depuis juin 2008, un niveau qui tend à signaler une baisse du taux de chomage selon Naroff Economics Advisors. On assiste, ainsi, à une baisse du taux de chomage à 8.6% en novembre, contre 9% en octobre. La baisse du chomage est largement considérée comme la clé d’une reprise du marché immobilier. Selon le NAR ( Association Nationale des Agents Immobiliers), la conjoncture s’améliore, avec les promesses de ventes de logements qui ont poursuivis leur hausse en novembre (+7.3% soit un plus haut depuis avril 2010). Les conditions d’achat d’un logement sont, évidemment, exceptionnellement avantageuses (taux bas). L’offre des logements à vendre dans le neuf comme dans l’ancien, est revenue à des niveaux plus normaux. Toutefois, même si le moral des consommateurs s’améliore (indicateur de l’université du Michigan), la consommation reste faible (T3 1.7% contre une moyenne de 3.6% entre 2000 et 2007). D’autre part, le taux d’endettement des ménages américains reste élevé à 75% (bien supérieur à sa moyenne entre 1970 et 2000), mais très inférieur à un pic au 130% de 2007.
- Enfin l’Europe, sujet de toutes les inquiétudes, montre des signes d’améliorations, même si le dossier grec reste toujours aussi urgent et que les tensions persistent sur l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Toutefois, il faut reconnaître que le moteur économique de la zone se porte plutot bien. L’Allemagne finit l’année particulièrement robuste, avec une croissance en 2011 de 3%, et une estimation pour 2012 entre 0.5 et 1%. Selon Wolfgang Franz, chef économiste de l’institut ZEW et président du groupes des Sages qui conseillent le gouvernement allemand en matière de politique économique : « Les entreprises sont en bonne santé et confiantes, le chomage est bas. Et même si la croissance est appelée à ralentir, alors que l’Europe se débat avec la crise de la dette et que la demande mondiale fléchit, je ne crains pas la récession comme en 2009 (-5%) ».
- Il n’en reste pas moins que le danger immédiat pour ce début d’année est l’épée de Damoclès que représente les agences de notation Standart&Poor’s et Moody’s dont on attend les conclusions sur le rating des pays européens.


Une semaine qui avait tout pour être « verte »…

Ce qui explique que j’usqu’à vendredi, les marchés avaient toutes les raisons d’être portés par un leger vent d’optimisme, alors que la saison des résultats trimestriels débutaient aux Etats-Unis mercredi dernier.
- Le commentaire de Christine Lagarde, avait de quoi rassurer quelque peu, tempérant son discours de fin d’année 2011. « L'Europe pourrait éviter une récession cette année et il y a des raisons d'être plus optimiste sur les perspectives de la région, a déclaré la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, citée par le quotidien sud-africain Business Day. »
- Les bonnes nouvelles sur la quesion du déficit budgétaire français. L'exécutif annoncait, lundi, un déficit public "très probablement inférieur" à la cible des 5,7% du PIB visés en 2011, même si les mises en garde se sont multipliées ces derniers temps sur les risques d'un dérapage des comptes publics pour 2012.
- L’agence de notation Fitch qui ne prévoit pas d'abaisser la note souveraine de la France en 2012, actuellement "AAA" la meilleure possible, a déclaré mardi à l'AFP une porte-parole de l'agence de notation financière, confirmant des informations de presse. Que cette annonce soit politique ou économique, le fait est que le triple A est maintenu.
- La Fed, dans son « Beige book », annonce mercredi que l'économie des Etats-Unis avait continué à croître à un rythme modéré au cours des dernières semaines de 2011. S'agissant des perspectives, la banque centrale américaine a estimé que l'amélioration se poursuivrait, mais de manière lente, quant à la consommation des ménages, son analyse était plutôt favorables".
- Pour leur premier rendez-vous de 2012 sur le marché de la dette, L'Italie et l'Espagne ont affronté jeudi avec succès leurs premières émissions. Rome et Madrid ont emprunté avec des taux d'intérêt en forte baisse, soulageant les marchés financiers et favorisant une détente du marché obligataire européen. Il faut, très certainement y voir, un impact positif du « Banking Easing » mené par la Banque Centrale Européenne. Cependant, malgré l'atténuation des tensions, la crainte d'une chute de l'Italie reste toujours dans les esprits alors que le pays croule sous une dette de 1.900 milliards d'euros (environ 120% du PIB) et va devoir réaliser le tour de force de lever près de 450 milliards cette année.
- L’OCDE confirme les anticipations du moment, largement pricées par les marchés, tout en confirmant la bonne tendance de l’économie américaine et japonaise. Ainsi, on pouvait lire : « Le ralentissement de l'activité se poursuit dans la plupart des grandes économies mondiales, notamment en zone euro, tandis que des "signes forts" d'amélioration sont perceptibles aux Etats-Unis et au Japon, selon les indicateurs avancés publiés jeudi par l'OCDE. L'indicateur composite avancé pour la Chine s'est de son côté "détérioré depuis le mois dernier et signale un ralentissement de l'activité économique vers sa tendance de long terme", affirme l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un communiqué. »


Standart&Poor’s un acteur toujours aussi surprenant…

Mais il était prévisible que le moment était idéal pour une intervention d’une des agences de notations. C’est Standart&Poor’s qui a pris l’initiative. Il est vrai, cependant, qu’elle avait annoncé se prononcer pour le mois de janvier. Le couperet est tombé, soulevant, encore une fois, un certain nombre de critiques quant au timing.

Le commissaire européen chargé de réguler les marchés financiers et l'activité des agences de notation, Michel Barnier, s'est "étonné" samedi du moment choisi par Standard & Poor's pour dégrader plusieurs pays alors que la zone euro est en train de durcir ses règles budgétaires.

Toutefois, en ce qui concerne la France, l’annonce de S&P est à relativiser à plusieurs égards :
- La France méritait cette dégradation depuis longtemps, pour ne pas avoir engagé les reformes structurelles que l’Allemagne a initiées depuis la reunification.
- Les investisseurs évaluent, en général, un emprunt sur la base des avis des trois agences (S&P, Moody’s et Fitch), la France reste triple A selon deux agences sur trois, ce qui reste un gage de qualité.
- Cette dégradation était déjà « pricée » dans les cours et les taux. Il y aura certainement des mouvements à la marge mais de courte durée. Pour preuve, les indices CAC40 et Dow Jones ont fini en petite baisse, insensible à l’annonce de l’agence de rating, les investisseurs se déclarant soulagés que cette menace soit désormais derrière eux. Le fameux adage boursier "on vend sur la rumeur, on achète sur le fait, prouve une nouvelle fois sa pertinence", a indiqué Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez Global Equities. "On pourra enfin passer à autre chose et repartir sur des bases plus saines", a-t-il ajouté.
- Enfin, pour rappel, le double AA définit les Obligations pour lesquelles le risque d'investissement potentiel est jugé très faible. Capacité à rembourser à l'échéance le principal et les intérêts importante. Une évolution défavorable de l'activité et des conditions de financement est susceptible d'augmenter le risque d'investissement mais pas de manière très significative.


Mais l’Europe n’est pas « mate » pour autant, l’Allemagne développe son jeu…
Cette dégradation est un épiphénomène, pour les raisons citées ci-dessus. Il est important que l’Europe maintienne sa feuille de route.

La stratégie de l’Europe, et plus particulièrement de l’Allemagne, est bien résumé par le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, (intervenu après la dégradation de S&P) qui a assuré de son côté que l'Union monétaire était déterminée "à faire tout son possible pour surmonter la crise, améliorer les finances publiques et retrouver le chemin de la croissance et de l'emploi". Le discours à quelque peu changé depuis 2011, car à l’amélioration des budgets nationaux, on parle désormais de croissance et d’emploi.

Pour faire une analogie avec le jeu d’échecs, on pourra dire que le zone euro vient de subir une perte matérielle avec les dégradations de S&P. Mais en affichant sa détermination de ne pas se laisser imposer une vision « courtermiste » par le marché anglo-saxon (celle d’une intervention massive de la BCE par création monetaire), la zone euro ,ne se laisse pas étouffer, garde le contrôle de ses sommets (le prochain est prévu pour fin janvier), et continue le développement de sa stratégie (le développement étant lié au temps, or il y a un décalage bien connu entre le temps des marchés et le temps politique)

Si je me permets un bref résumé de la stratégie de Berlin :
1 – renforcer les fondations de la zone en solutionnant les déficits budgétaires actuels et en vérouillant le risque de déficit budgétaire futur. Ainsi, afin de tenter d'endiguer la contagion en rassurant les marchés, les Européens sont tombés d'accord jeudi sur les grandes lignes du pacte destiné à renforcer la discipline budgétaire de la zone euro, même s'ils n'ont pas été aussi loin que le voulaient certains. L'objectif est de boucler les négociations lors du sommet européen du 29 janvier et de signer le texte début mars. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a toutefois appelé jeudi à une accélération en estimant qu'il "serait bon" que ce pacte soit adopté fin janvier.
2 - assurer le contrôle des politiques de rigueur budgétaire par un organisme dont on ne peut critiquer la crédibilité. C’est ainsi qu’il faut comprendre le « machin » par lequel, l’Europe abonde les avoirs du FMI, ce dernier ayant pour mission d’intervenir auprès des pays européens fragilisés par la crise, tout un imposant des règles d’assainissement (Consensus de W ashington).
3 – une fois les fondations renforcées, consacrer les ressources à une relance concertée de la croissance et de l’emploi.

Pour être plus factuel, l’Allemagne a, dès fin décembre, donné les premières « notes » de l’étape 3, en suggérant que le solde des fonds structurels de la zone soit consacré à la croissance. « L'Allemagne souhaite que les milliards d'euros des fonds structurels de l'Union européenne (UE) qui n'ont pas été utilisés soient redirigés vers un fonds indépendant destiné à stimuler la croissance des pays membres en difficulté, a déclaré à Reuters une source gouvernementale. Le gouvernement allemand va militer pour la création d'un tel fonds dans le cadre des négociations à venir, a ajouté la source, soulignant que les discussions sur le cadre financier de l'UE pour la période 2014-2020 étaient entamées. » Idéalement, cette étape devrait être acté lors du prochain sommet européen, le 29 de ce mois.

A ce titre, le ton est donné dès le 9 janvier, lors de la rencontre mensuelle du couple « Merkozy ». Ces derniers ont affiché leur accord sur la marche à suivre pour tenter d’endiguer la crise européenne. Même si une divergence sémantique ressort de leur entretien. En effet, si pour le président Sarkozy, relancer l’emploi et la croissance est « la priorité », Mme Merkel préfère parler plus prudemment de « deuxième pilier », au côté de la discipline budgétaire.

Une validation de ce développement stratégique lors du prochain sommet européen constituerai un véritable choc de confiance et résoudrait un certain nombre de problèmes relatifs à la politique budgétaire restrictive menée en europe. Encore faut-il que que l'accord européen renforçant la discipline budgétaire, sur lequel 26 des 27 pays de l'UE se sont engagés début décembre, soit signé "pour le 1er mars".


Et le Forex dans cet épisode…

Quoiqu’il en soit, en voulant jouer une tendance positive alimentée par les bonnes nouvelles sur le front obligataire, ma position à l’achat sur l’UER/USD fut surprise par l’annonce de Standart&Poor, l'euro est tombé à 1,2638 dollar, marquant ainsi un nouveau plus bas depuis plus de 16 mois, alors qu'il valait 1,2816 dollar jeudi, après des émissions obligataires rassurantes en Italie et en Espagne.

La performance de BMethCapital Global Currency chute à (+0.69%), restant malgré tout positive à mi-janvier. C’est pourquoi il faudra être vigilant la semaine prochaine, Moody’s devant se prononcer en milieu de semaine.








 

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