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Lettre hebdo 47 : Nouvelle vague de tension
le 21/11/2011 18:05
« Contrairement aux États-Unis, où le terme "résilience" est d'usage courant, tel un marqueur d'optimisme, en Europe il est plus difficile de l'imposer, comme si nous avions un penchant pour le misérabilisme. » de Boris Cyrulnik Ce dernier, neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste français, développa, en France, le concept de « résilience » (renaître de sa souffrance). Sa comparaison me semble approprié au regard de la situation conjoncturelle du moment. En effet, qu’avons nous retenu de cette semaine écoulée. Pendant que la crise de la dette fait encore ployer les bourses européennes, de bonne nouvelles nous parviennent des Etats-Unis sur le front de la croissance. Les inquiétudes des marchés continuent d’alimenter les mouvements boursiers. Ces inquiétudes sont renforcées, ces derniers jours, par les désaccords entre la France et l’Allemagne sur le rôle que doit jouer la BCE dans la résolution de la crise en zone euro. Selon certains investisseurs londoniens, la situation actuelle ne peut pas durer éternellement. Des rumeurs ont évoqué la possibilité d’un prêt de la BCE au FMI, qui à son tour, alimenterait le FESF. Voilà, où nous en sommes, à défaut d’un plan, d’une direction et d’un objectif clair, les marchés spéculent sur des rumeurs quotidiennes. Nous assistons, ainsi, à un écart historique entre les rendement obligataire allemand et français, sans compter ceux des pays périphériques. Les marchés boursiers subissent une fuite des capitaux vers des supports de qualité. Et alors que la Commission Européenne annonce pour l’Union Européenne, un risque de récession pour 2011-2013, le triple A de la France se voit menacé par une « erreur » de communication de Standart&Poor. Voilà où nous en sommes, à défaut de débats sur le juste équilibre entre la rigueur et la relance, nous assistons à un débat philosophique sur davantage d’intégration européenne. Cela me rappel une phrase de François Mitterrand :« Quand l'Europe ouvre la bouche, c'est pour bâiller. » Cependant, outre Atlantique, quelques signaux passent au vert. Le ralentissement de l'inflation et la hausse de la production manufacturière aux Etats-Unis sont de bon augure pour la croissance économique américaine au quatrième trimestre. L’amélioration du Conference Board laisse penser que le risque de récession s’éloigne. L’institut se permet d’envisager une poursuite de la croissance cet hiver et même la possibilité que celle-ci gagne un peu d'élan au printemps. Il est vrai, toutefois, que le sujet de la dette, qui sera abordée cette semaine, atténue, quelque peu, cet optimisme. La dette de l'Etat fédéral américain dépasse 15.000 milliards de dollars, soit 100% du PIB. Il faudra attendre mercredi prochain pour connaître les conclusions du « Joint Select Comittee » sur la situation budgétaire du pays pour la fin de l’année. Cette semaine, les marchés devraient être, à nouveau, dans l’attente. Sur le front macroéconomique, il faudra être attentif à la deuxième estimation du PIB US et la confiance des consommateurs en zone euro (mardi), Dépenses des ménages US et l’indice de l’université du Michigan sur la confiance des consommateurs US (mercredi), le PIB allemand et les jobclaims (jeudi). D’autre part, les Etat-Unis seront feriés jeudi et vendredi pour jour de « Thanksgiving Day » Conclusion La fin de semaine ne fut pas brillante sur les places européennes (qui alignent 4 séances de repli sur une série de 5 et une perte hebdo de -3,6% en moyenne) mais Wall Street n'apparaît pas mieux loti avec un 'S&P' qui stagne vers 1.216Pts et recule de -3,7% d'un vendredi sur l'autre. Techniquement la Bourse de Paris a fini en baisse, échouant sous la barre des 3.000 points pour la première fois depuis début octobre malgré le soulagement de voir une accalmie sur les marchés de dette européens. Pour cette semaine, la situation est inquiétante. L’indice est repassé sous sa moyenne mobile 50 jours et les 23 % du retracement de la baisse de cet été. Le support 2960 pts constituera notre premier repère. En cas de rupture, c’est une configuration en « Tête-Epaule » qui se refermera sur l’indice, avec prochain objectif à la baisse de 2 788 pts. Comme indiqué dans les précédents posts, en cas de rupture des 3 050 pts (23% de la chute de cet été), le risque que le marché fasse une narcose à l’azote (ivresse des profondeurs) est important avec pour objectif le comblement du gap (à 2 976 pt) du 6 octobre dernier. Ce qui correspondrait à une baisse de 92 pts. La tendance CT rejoins la tendance baissière à long terme. De plus, cette semaine, aucun catalyseur ne semble pouvoir inverser la tendance. Sur la semaine à venir, il faudra, donc, être vigilant. Les marchés réagissent de manière épidermique aux mauvaises nouvelles. Après l’onde de choc sur la dette française, une seconde pourrait être émise par la dette américaine. Toutefois, si les indicateurs économiques US continuent d’inspirer le même optimisme que les semaines passées, la question de la dette pourrait être reléguée au second plan.
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