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epitou

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Lettre Hebdo03 : « Le pire est il derrière nous ? »

le 23/01/2012 13:46

A lire suivre : http://bmethinvest.blogspot.com/La semaine finit sans réelle direction, le marché réagissant aux nouvelles en demi-teinte de grosses entreprises américaines et toujours dans l’attente d’un accord en Grèce. Mais sur l’ensemble de la semaine, un vent d’optimisme semble porter les investisseurs. Les indices boursiers ont fini la semaine dans le vert avec une performance de +3.91% pour le CAC40 et +2.4% pour le DOW et un VIX sous les $20, à $18,75 vendredi dernier. Quant à l’euro, ce dernier à retrouver les faveurs des investisseurs avec les émissions obligataires européennes favorablement accueillis. Il affiche une hausse de 1.97% face au dollar, cette semaine. Peut-on imaginer que le « pire s’éloigne en Europe », comme le laisse penser Edouard Carmignac, PDG de Carmignac gestion ?  Sans y répondre, on peut, cependant, constater que les marchés ont été portés par de bonnes nouvelles en provenance de l’économie, d’une part, et sur le front de la crise de la dette en Europe, d’autre part. Par ailleurs, malgré l’annonce de l’agence de notation Standart & Poor’s, le marché obligataire européen a connu une détente des taux.   Une dégradation pas si anxiogène que cela… Lors de la première séance de la semaine, après la décision de Standard and Poor's de priver la France de son triple A, le marché boursier a très bien réagi, ce qui signifie "que cette décision était non seulement bien intégrée" mais qu'elle "permet également de se débarrasser d'un élément anxiogène qui pesait sur la cote", a expliqué Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.  C’est ainsi que la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie ainsi que le FESF (fond européen de stabilité financière), ont emprunté avec un certain succés en taux et en volume. Il n’en reste pas moins, que le cœur de la crise européenne, la Grêce, reste un sujet d’inquiétude. Le pays doit avoir conclut un accord avec ses banquiers pour la restructuration volontaire de sa dette avant le 20 mars. Un accord permettrait à la Grèce de réduire un tiers de sa dette (350 milliards d'euros), d'assurer le versement d'une échéance de 14,5 milliards d'euros le 20 mars prochain et d'aspirer au déblocage du nouveau plan d'aide de 130 milliards d'euros, promis par l'Union européenne. La Grèce n’a pas d’autre alternative que de trouver un accord, l’Allemagne et la France ont été explicite à ce sujet :  « L’Europe ne paiera pas davantage pour la Grèce » . Une stabilisation du pays à l'origine de la crise de la dette pourrait constituer une phase décisive pour la zone euro. C’est ainsi que le résume, M. Garzarelli à To Vima, un cadre de la banque d'affaires Goldman Sachs, dans un entretien paru dimanche dans un journal grec : "La conclusion du PSI (Private sector involvement - l'effacement d'une partie de la dette privée, ndlr) et la deuxième aide européenne à la Grèce vont anéantir l'importance d'un danger systémique dans la zone euro, qui provient du maillon faible, c'est-à-dire de la Grèce".   Des indicateurs macroéconomiques qui continuent à s’améliorer… Les Etats-Unis continuent a apporté leur lots de nouvelles encourageantes sur l’emploi, l’immobilier et les prix. "La modération des prix et l'amélioration  sur le front de l'emploi contribuent à stimuler la confiance des consommateurs et leurs dépenses", estime Chris Christopher, du cabinet IHS Global Insight. La Chine a annoncé mardi une croissance ralentie à 9,2% pour 2011, dans un contexte international difficile, dont l'impact sur la deuxième économie mondiale va se faire davantage sentir dans les mois à venir, selon les analystes. Malgré des anticipations complexes pour cette année, les marchés ont, cependant, bien accueillit un niveau de croissance supérieur au 7% en deça duquel des tensions sociales peuvent apparaître. D’une manière générale, les pays émergents résistent à la crise européenne, notamment en compensant, dans une certaine mesure, avec l’embellie de l’économie américaine. Non seulement, le monde émergent continuera de tirer la croissance mondiale en 2012, mais il s'avère aussi mieux armé pour résister à la contagion européenne. C'est ce qu'indique une étude d'Ernst & Young qui passe au crible vingt-cinq économies à forte croissance, intégrant les Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine). Leur croissance restera soutenue cette année, malgré un léger ralentissement, à 5,3 % contre 6,1 % en 2011.  Toutefois, la situation économique reste fragile, comme l’on rappelé cette semaine, la Banque Mondiale et l’ONU.  Selon l’ONU, la croissance mondiale devrait s'élever à 2,6% au maximum en 2012, et 3,2% en 2013, dans son rapport intitulé "Situation et perpectives de l'économie mondiale en 2012". Les deux prochaines années, les pays en développement et les économies en transition "devraient continuer à stimuler l'économie mondiale, mais leur croissance sera nettement inférieure au niveau atteint en 2010 et 2011". Quant à la Banque Mondiale, elle a mis en garde mardi contre le ralentissement de l'économie mondiale, qui risque, selon elle, de toucher durement les pays en développement. Ses nouvelles prévisions économiques mondiales donnent une hausse du PIB planétaire de 2,5% en 2012 après une croissance qu'elle estime avoir été de 2,7% en 2011. Cette nouvelle prévision est inférieure de 1,1 point à celle que la Banque avait publiée en juin, quand elle tablait encore sur une accélération à venir de l'économie mondiale. "L'économie mondiale est entrée dans une nouvelle période d'incertitudes", a commenté lors d'une conférence de presse mercredi à Pékin l'économiste en chef et vice-président de la BM, Justin Lin Yifu. On peut légitimement penser qu’une diminution de ces incertitudes sur la zone euro pourraient améliorer les prévisions économiques dans les mois à venir…    … Mais une semaine cruciale pour l’Europe avec l’avenir du pacte européen.  Alors que dimanche soir, Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a estimé que les marchés financiers reprenaient progressivement confiance dans la zone euro, dans un entretien à la télévision allemande ARD … la semaine qui vient, sera cruciale pour le pacte européen. Les négociations sur le nouveau pacte budgétaire européen entreront dans leur dernière ligne droite lundi 23, à l'occasion d'une réunion des ministres des Finances des pays signataires, à une semaine du sommet européen du 30 janvier. Parmi ces questions : les Etats qui ne traduiraient pas dans leur constitution la "règle d'or" budgétaire pourront-ils être sanctionnés financièrement par la Cour de justice de l'UE ? Faut-il sanctionner les dettes excessives au même titre que les déficits ? L'accès au fonds de stabilité financière sera-t-il lié à la signature du pacte ?  Les marchés attendront des réponses claires avant de pouvoir accueillir favorablement des initiatives européennes dans le domaine de la croissance. La stratégie franco-allemande semble, en effet, prendre racine dans l’esprit des acteurs économiques et politiques : « Une rigueur sous contrôle avant d’envisager des initiatives de soutient à la croissance européenne. » Le commentaire de Standart & Poor ‘s en est l’illustration. Les experts de l'agence américaine justifient surtout l'abaissement de la note de neuf pays d'un seul coup par le fait que les dirigeants européens n'ont «pas trouvé les solutions adaptées à la crise de l'euro». Le message est clair: les Européens n'ont pas fait le bon diagnostic. Ils se concentrent sur la seule réduction des déficits publics, sans se soucier de leurs problèmes structurels: manque de croissance et perte de compétitivité économique. Le chef de l’Eurogroupe, Claude Juncker, l’a, à son tour, rappelé cette semaine : « Nous devons consolider nos finances publiques mais il faut aussi attirer l'attention sur la nécessité qu'il y a de doter l'Europe d'une véritable politique de croissance », ajoutant que la question serait au centre du prochain sommet des dirigeants européens le 30 janvier. Mais toute aide européenne devra se faire dans le cadre d’un contrôle strict. La ratification du pacte budgétaire renforçant la discipline de la zone euro sera une des conditions pour qu'un pays puisse bénéficier de l'aide du Fonds de secours permanent appelé à être créé en juillet (le MES). Car pour l’Allemagne, la sortie de crise s’organise d’abord sur la rigueur, et ensuite sur le soutient à la croissance. Or l'un des éléments clés des mesures qui devront être prises le 30 janvier prochain, réside dans l'injection de 200 milliards d'euros dans le FMI afin que ce dernier aide l'Espagne et l'Italie à éviter de sombrer dans un scénario à la grecque. L’intervention du FMI implique, bien évidemment, son rôle historique de contrôle des politiques de restructuration économique, et dont la crédibilité est reconnue par les marchés. Une approche qui ne semble pas plaire à certains Etats, pour qui une intervention du FMI suppose une infamie pour l’orgueil national et de nouveaux sacrifices. C’est ainsi que l’Italie à relancer, cette semaine, les sujets de discorde, notamment au travers de l’intervention du président du Conseil italien Mario Monti dans le Financial Times, relancant l’idée des eurobonds et d’une intervention directe et plus large de la BCE. Pour ma part, la solution la plus crédible aux yeux des marchés est une intervention du FMI. Un contrôle effectué par une « bande de copains » siégeant à la commission européenne est tout sauf sérieuse.   Pour résumer, trois évènements sont à surveiller cette semaine. D’une part, la conclusion d’un accord entre la Grèce et ses banquiers. D’autre part, une cohésion européenne forte derrière le pacte budgétaire européen, constituerait un message fort vers les marchés. Enfin, le contenu du discours sur la relance de la croissance et l’accueil qui lui sera fait par le prochain sommet européen. L’ensemble de ces éléments pourraient constituer ce « choc de confiance » bénéfique pour les semaines à venir.

 

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