Forums Economie
Morning Letter 20111028
le 28/10/2011 08:46
Les marchés ont pris, hier, une grande bouffée d’oxygène. La crise européenne a été comme une main invisible, maintenant psychologiquement les investisseurs en apnés depuis le début de l’été. Les décisions prises par le dernier sommet européen, ont permis aux marchés de prendre une grande inspiration (le CAC 40 affiche une hausse de + 6.28 dans un volume de 5.63 mds d’euros). Il s’agit, désormais de retrouver une respiration normale et faire le point sur la situation. Ne plus focaliser, uniquement, sur la crise, et élargir nos chakkras au contexte macroéconomique. Le dossier européen devra, malgré tout, continuer à influencer toute décision d’investissement. Ce dernier se situe dans une dynamique d’amélioration, qui peut, à tout instant replonger les marchés dans les abysses. Aussi, il convient de garder entre autres targets, le G20 de début novembre. Car les décisions prises hier ne constituent que des engagements qui nécessiteront des précisions au cours des prochains sommets, tel que le G20. Cependant, « business as usual », les publications de résultats d’entreprises continuent. Ce qui ressort des annonces déjà réalisées, d’une manière globale, est que les grands capitaines d’industries (tel que Air Liquide ou General Electric) restent confiants sur leur carnet de commandes. Mais le manque de visibilité, (conséquence des problèmes de déficit publics et du risque de crédit crunch), tempère cette confiance. Sur le plan macroéconomique, les Etats-Unis ont publié une croissance un peu plus solide que prévu au troisième trimestre, de 2,5%, tandis que les nouvelles inscriptions hebdomadaires se sont presque stabilisées. Le PIB valide le scénario d'une croissance molle qui n'est pas celui d'une récession. La croissance est toutefois encore trop faible pour faire baisser le taux de chômage. Que dit le marché ? N’oublions pas que le cycle des marchés précède de 6 mois (en moyenne) le cycle économique. Depuis 4 semaines, nous assistons à un début de retournement de tendance, en parallèle ave le retour fragile de la confiance. Elle reste, malgré tout, à se renforcer. Dans le même sens, une étude publiée lundi dernier, les stratèges de Société Générale disent percevoir trois signaux 'majeurs' d'un essoufflement du cycle baissier des marchés d'actions d'ici 2012. Il s'agit (1) du regain d'optimisme des investisseurs, (2) des rendements anormalement bas des bons du Trésor allemands et américains et (3) du niveau particulièrement élevé des CDS en Europe. Aussi, après avoir « pricer », depuis le début de l’été, la crise des dettes publiques et ses conséquences en termes de crédit crunch et de risque de liquidité, les marchés pourraient, dans un premier temps, se libérer des craintes liées à ce dossier (retour à des prix moins excessifs), puis, dans un second temps, n’intégrer dans les prix, que ses anticipations sur le plan macro et micro économique. Soit, un retour progressif, de la confiance à la fois, sur le crédit et l’interbancaire. Quoiqu’il en soit, l’effet immédiat de l’annonce européenne sur les marchés, ce matin, donne une tendance positive qui laisse présager une fin de semaine sur une belle pente. A ce titre, le Vix chute (- 16.175%) à $25.03, et le marché obligataire subit les arbitrages en faveur de davantage de risque. Entre temps, inscrivez sur vos agendas les rendez vous suivants : G20 pour le 3 novembre prochain. Conclusion Le CAC40 bondit de +6,28% (+200Pts d'indice) et pulvérise le zénith du 1er septembre (3.295Pts) pour revenir au contact de la MM100 qui gravite vers 3.368Pts, et ce, dans des volumes d’échanges importants 5.63 mds d’euros. La tendance de fond macro-économique est toujours favorable aux vendeurs. Toutefois, si l’on considère qu’en plus de cette tendance, le marché avait « pricée » la crise européenne de façon excessive (avec un plus bas annuel à 2 693 pts le 23 septembre), les acheteurs ont peut être trouvé dans les décisions du sommet européens la bouffée d’oxygène nécessaire pour reprendre l’ascension. Aura-t-on le rally de fin d’année haussier tant espérer ? Ce qui expliquerait cette tendance haussière, timide mais visible, initiée le 23 septembre dernier, qui a, progressivement suivie la loi de Dow, avec la troisième vague qui s’est dessinée hier. Pour rappel, à cette date, les pays du G20 s’étaient engagés à apporter une réponse forte et coordonnée à la crise. Et à l’issu de ce sommet, l’Europe s’était donné trois semaines pour apporter une solution « globale et durable ». Ainsi, si ce scénario se confirmait, les plus-values attendues seraient importantes. Notamment sur le secteur des bancaire dont les cours représentent, actuellement 30% de leurs fonds propres. Pour information, à Paris, ce secteur affiche une chute de 80% depuis mai 2007 et de 50% depuis juillet dernier. Même chose pour l’Allemagne (-68% et -35%) et l’Angleterre (-70% et -21%). Le potentiel de gain sur un retracement de, seulement, 50% de la baisse de cet été, sont conséquents. Et avec la journée boursière de jeudi, nous nous situons désormais à 0.4% des 50% de ce retracement de Fibonacci et 4.8% des 61.80%. Ces seuils sont d’une importance capitale dans nos perspectifs plus moyens termes. Il faudra, toutefois, être vigilant, aujourd’hui, avec de possible prise de bénéfices. Cependant, si la hausse continue, la force et l’amplitude du mouvement devra être analysé au regard du comportement de l’indice dans la zone 3 380 pts ( 50% du retracement) et 3 400 pts (prochaine résistance). Il faudra intégrer dans son trading, aujourd’hui, une journée chargée en annonces macroéconomiques. Pour les Etats-Unis, Confiance des consommateurs du Michigan (tendance baissière depuis le début de l’année), Dépenses et Revenus des ménages (les revenus en baisses depuis février, les dépenses étant en amélioration depuis aout). Pour la France, Dépenses de consommation des ménages (en territoire positif depuis septembre dernier). A suivre, évidemment, les publications des entreprises, qui restent un des grands indicateurs sur l’évolution de l’économie, avec notamment, ceux de Merks et Chevron pour les USA et Total pour Paris. Ce matin, 08H30, les indicateurs de début de journée sont annonciateurs d’une belle journée. L’Asie évolue dans le vert, quant aux futures CAC40 et DOW, ils affichent des évolutions contrastées, avec respectivement +0.5% et -0.2%. Rumeurs - La Chine et la Russie ont fait état de leur intérêt et le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, a prévu de s'entretenir de ce sujet avec le président chinois Hu Jintao jeudi. - Pékin pourrait apporter 100 milliards de dollars à l'Europe, selon le Financial Times. Le gouvernement chinois n'a pas officiellement confirmé l'information mais un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé que son pays va «explorer les moyens de renforcer la coopération bilatérale sur la base d'un bénéfice réciproque». En d’autres termes, plus de leçon de morale sur la politique monétaire chinoise… Selon des estimations d'économistes, les Chinois détiennent déjà plus de 500 milliards de dollars de dette des Etats - Le Japon a également promis jeudi son aide car "une Europe stable est dans l'intérêt de notre pays", selon son ministre des Finances, Jun Azumi. Il n'est pas certain néanmoins que le montant de 1.000 milliards d'euros suffise à rassurer durablement les marchés financiers. Ils attendaient à l'origine le double. - Le conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovitch, a par ailleurs répété que la Russie était prête à soutenir la zone euro dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI), soulignant que la position russe était "coordonnée" avec les autres pays Brics (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud). Mais, a-t-il averti une augmentation des contributions de ces pays au FMI devait passer par un "renforcement de leur rôle" au sein de cette institution encore dominée par les puissances occidentales. - La perspective d'une contribution éventuelle de la Chine n'est en revanche pas du goût de partisans d'une Europe fédérale comme l'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit.C'est "une mauvaise solution, politiquement dangereuse", choisie "parce qu'on ne veut pas faire ce pas" vers la fédéralisation de l'Europe, selon le responsable écologiste, parlant d'"aberration chinoise" dans ce "tout petit pas" qu'est l'accord de Bruxelles. Marchés - La Bourse de Paris a connu une séance euphorique jeudi et a terminé sur un bond de 6,28%, soulagée par l'accord européen destiné à remettre la Grèce sur les rails et à sauver la zone euro. Le CAC 40 a pris 199 points à 3.368,62 points, dans un volume d'échanges fourni de 5,630 milliards d'euros. Avant le dernier jour de cotation de la semaine, la performance hebdo de l’indice est 6.22%, faisant écho à la semaine du 23 septembre avec une performance hebdo de 6.12%. Quant au mois d’octobre, il pourrait devenir -avec un score cumulé de +13%- le plus haussier de l'histoire (la dernière envolée comparable remonte en effet à octobre 2002, avec +13,4%... mais le CAC40 partait justement de très, très bas). La Bourse de New York a fini jeudi sur une forte progression, dopée par l'accord trouvé en zone euro, les investisseurs américains espérant pouvoir à présent se concentrer sur l'économie américaine qui semble toujours s'améliorer: le Dow Jones a pris 2,86% à 12 180 pts revenant d’un plancher de 10 400 pts début octobre, soit 17% en ligne droite. C’est le meilleur mois de l'histoire (en 115 ans). L’optimisme a été et sera de rigueur sur les marchés, se reflétant dans un Vix qui chute de 16.175% à $25.03. - Les investisseurs se détournent, encore, de la dette des pays européens et américaine, préférant se reporter vers les marchés boursiers. Ainsi les principaux papiers se tendent avec, un Bund en hausse à 2.203 contre 2.04 la veille, le TNote à 2.39 contre 2.23 et l’OAT à 3.119 contre 3.060 la veille. Par ailleurs, l’écart de rendement entre la France et l’Allemagne affiche une nette détente, passant de 120 pb à 80 pb, en une semaine. Autant la tension sur l’obligataire marque davantage un arbitrage entre classes d’actifs, autant la détente du spread OAT/Bund indique clairement une baisse des inquiétudes sur la zone euro. Tandis que le marché interbancaire repart à la hausse, après avoir marqué une pause mercredi, avec un Euribor 3 mois à 1.590%. Signe que les tensions demeurent sur le marché interbancaire. A ce titre le spread entre l’EUR3M et EoniaSwap (en baisse à 0.788), continue de grimper. Autre signe de détente, les spreads sur CDS européens qui baissent franchement. Le CDS France à 5 ans baisse à 177 pdb, soit un recul de 12 pdb, Le CDS Grèce à 5 ans recule à 56 pdb c. 60 pdb mercredi en clôture, ou encore, Le CDS Italie à 5 ans perd 24 pdb à 434 pdb. Tendance de fond Annonces de la veille - Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi soir que le gouvernement revoyait à la baisse, de 1,75% à 1%, sa prévision de croissance pour 2012 et qu'il prendrait d'ici une dizaine de jours des décisions pour économiser "six à huit milliards" d'euros. - La Slovaquie est parvenue à être exemptée de toute nouvelle contribution de ses finances publiques au plan d'aide à la Grèce lors du sommet européen qui s'est achevé dans la nuit, a annoncé jeudi le ministre slovaque des Finances Ivan Miklos. Bratislava compensera cette exemption en contribuant davantage à d'autres programmes de la zone euro, a-t-il précisé. On peut imaginer que cela est été négocié contre leur vote sur le FESF !!! - La décote de 50% demandée aux banques sur la dette grecque ne devrait pas déclencher les CDS sur le pays, parce qu'elle se fait sur une base volontaire et ne constitue donc pas un événement de crédit, a indiqué jeudi l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA). - La décote de 50% sur la dette grecque détenue par les créanciers privés, prévue par l'accord intervenu jeudi, "sera certainement intégrée dans les comptes du troisième trimestre" par les banques françaises, a indiqué le président de la fédération bancaire française (FBF). - Les banques allemandes qui doivent augmenter leurs fonds propres sont Deutsche Bank, Commerzbank, NordLB et LBBW, ont déclaré jeudi des sources financières et réglementaires. Commerzbank a fait savoir qu'elle ne recourrait pas à des fonds publics pour ses besoins de recapitalisation et qu'elle pouvait atteindre le ratio de 9% de fonds propres durs Tier 1, notamment par des cessions d'actifs non stratégiques. Deutsche Bank a renvoyé aux propos du directeur financier Stefan Krause tenus cette semaine. Il avait dit que la banque n'aurait pas besoin de fonds publics. - La Société générale, dont les besoins de fonds propres ont été estimés à 3,3 milliards d'euros par le régulateur européen des banques, a réaffirmé jeudi être en mesure de se recapitaliser par ses propres moyens. - BNP Paribas, qui devra renforcer ses fonds propres à hauteur de 2,1 milliards d'euros dans le cadre de la recapitalisation du secteur bancaire européen, a indiqué jeudi être en mesure d'augmenter son capital sans faire appel au marché. Tendance macro - L'économie française est entrée en récession en octobre, selon l'indice PMI publié lundi par le cabinet Markit, qui est tombé à son plus bas en 29 mois, à 46,8 points contre 50,2 points en septembre. - Le ralentissement économique mondiale est acté (OCDE, FMI et BQ Mondiale, Fitch, Standart & Poor’s, Goldman Sachs,…). Selon les standards du FMI, une croissance mondiale autour des 3% est le signe d’une récession mondiale. Les économistes de Citi abaisse ses prévisions de croissance mondiale en 2012, de 3,8% à 2,9% et s'attend à une récession dans la zone euro. Les pays développés, US et Z€, ne devraient pas dépasser 1.6% de croissance économique en 2011. - Pour la première fois depuis la crise de 2008-2009, les "indicateurs composites avancés de l’OCDE" pour la zone euro, et notamment de la France, mais aussi du Royaume-Uni et de la Chine, signalent "fortement un ralentissement de l'activité économique sous sa tendance de long terme". Les inversions de tendance de l'indice précèdent généralement de 6 mois environ les inversions de l'activité économique, selon l'organisation qui réunit les pays les plus riches de la planète. - L'activité économique de la zone euro devrait être atone jusqu'au premier trimestre 2012 inclus, ont indiqué vendredi les instituts de conjoncture français, allemand et italien (Insee, Ifo et Istat). - Une "incertitude considérable" pèse sur les perspectives d'amélioration de l'économie américaine, selon les minutes de la réunion du Comité de politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed) des 20 et 21 septembre publiées mercredi. - Citi prévoit un net ralentissement de la croissance des bénéfices par action (BPA) dans le monde en 2012, à 2% après 10% en 2011, mais estime que les Bourses mondiales pèchent par excès en intégrant actuellement dans les cours une contraction de l'ordre de 25% de ces mêmes BPA. - Pour les marchés, la Grèce fera défaut. L’Europe retarde l’échéance afin d’en confiner l’impact et de préparer la Zone Euro (FESF et recapitalisation des banques). - L'agence d'évaluation financière Moody's Investors Service a annoncé lundi qu'elle allait étudier au cours des trois prochains mois s'il y avait lieu de revoir la perspective d'évolution de la note souveraine de la France, qu'elle juge toujours pour l'instant "stable". Dossiers latents : - Attente du G20, le 3 et 4 novembre prochain. La France et l'Allemagne se sont engagées, dimanche dernier, à apporter une réponse "durable et globale" à la crise de la zone euro lors du sommet européen du 26 octobre. Les inconnues sur le dossier des dettes européennes persistent. Les modalités d’applications seront censées être dévoilées au cours du G20 du mois de novembre. - Ne pas oublier la date du 23 novembre prochain, A cette date, un « Joint Select Comittee », petit comité de 12 élus (3 sénateurs démocrates, 3 sénateurs républicains, 3 représentants démocrates, 3 représentants républicains), doivent s’être mis d’accord sur un nouveau plan d’économies drastiques. Ce qui permettra à l’Administration Obama d’obtenir une rallonge budgétaire.
Retrouver mes précédants post sur Viadeo, Hub asset management, ou sur Fell-the-market.
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